Le problème : "charge" est un mot flou

Beaucoup de coureurs et cyclistes amateurs s'entraînent à l'instinct. Lundi footing, mercredi tempo, samedi sortie longue. Ils savent qu'ils sont "fatigUés" après une grosse semaine, et "en forme" après quelques jours de repos. Mais sans mesure, il est impossible d'optimiser — ni de prévenir la blessure.

Eric Banister, physiologiste canadien, a publié en 1975 un modèle mathématique qui formalise exactement cette intuition. Son article "Impulse-response models of daily athletic training and performance" a devenu la fondation du coaching scientifique moderne.

L'idée centrale : l'entraînement produit deux effets simultanés — une amélioration de la forme (lente) et une accumulation de fatigue (rapide). La performance est la différence entre les deux.

CTL — Ta forme sur 42 jours

CTL (Chronic Training Load), ou "charge chronique", est la moyenne pondérée exponentielle de tes charges d'entraînement sur les 42 derniers jours (constante de temps τ = 42j).

Concrètement : le CTL monte lentement quand tu t'entraînes régulièrement, et descend lentement quand tu te repôses. C'est ton "niveau de base".

Interprétation pratique : CTL = 30–40 : niveau loisir correct. CTL = 50–60 : bon niveau compétiteur amateur. CTL = 70+ : niveau sérieux. CTL = 80+ : niveau élite/semi-pro.

ATL — Ta fatigue sur 7 jours

ATL (Acute Training Load), ou "charge aiguë", est la même moyenne pondérée, mais sur 7 jours (τ = 7j). Elle réagit beaucoup plus vite aux variations de charge.

Après une grosse semaine d'entraînement, l'ATL monte rapidement. Après 3–4 jours de récupération, elle redescend. L'ATL est ton indicateur de fatigue immédiate.

Pourquoi 7 jours ? La fatigue neuromusculaire et glycogénique se dissipe en 4–7 jours chez la plupart des athlètes. La constante de 7 jours capture bien cette dynamique, sans être trop volatile (1–2j) ni trop inerte (14j).

TSB — Ta freshness

TSB (Training Stress Balance) = CTL − ATL. C'est la "balance de stress d'entraînement" — souvent appelée freshness en anglais.

TSB positif → tu as plus de forme que de fatigue → tu es prêt à performer.
TSB négatif → tu as plus de fatigue que de forme → tu es en phase d'entraînement.

TSBÉtatRecommandation
TSB > +10 Forme optimale (peak / taper) Compétition, test performance, séance de qualité maximale
−30 à +10 Zone productive Blocs d'entraînement, progression normale
TSB < −30 Surcharge Risque blessure élevé — réduire la charge immédiatement

Le taper : comment arriver frais en compétition

La stratégie classique : 8–12 semaines de charge progressive (CTL monte, TSB descend en zone productive), puis 7–14 jours d'"affinage" (réduction du volume de 40–60%, TSB remonte vers +10/+25).

Le jour J, viser un TSB entre 0 et +25. En deçà : trop de fatigue résiduelle. Au-delà de +25 : risque de "désaffinage" et perte de vivacité musculaire.

Performance Manager Chart — exemple 12 semaines
80 40 0 -40 Taper → TSB > 0 CTL (forme) ATL (fatigue) TSB positif

Comment ANWELO calcule ça ?

ANWELO importe tes séances depuis Strava et Garmin. Pour chaque séance, il calcule un score TRIMP (Training Impulse = durée × FC normalisée × facteur sexe). Ce score alimente les équations différentielles CTL/ATL.

Le calcul s'exécute côté serveur en Python (τ CTL = 42j, τ ATL = 7j), et le résultat est exposé via le endpoint /metrics/pmc. Le frontend affiche l'évolution sur 84 jours avec graphe interactif.

Particularité ANWELO : le TSB déclenche des alertes automatiques. TSB < −30 → notification "charge excessive". TSB > +10 après une période de charge → "tu es frais, c'est le bon moment pour performer".
Pour aller plus loin
La science complète derrière ANWELO → CTL, ATL, TSB, HRV, VO2max, découplage

Voir ton PMC dans ANWELO

Connecte Strava ou Garmin et vois ton CTL/ATL/TSB en temps réel.

Références

Banister EW, Calvert TW, Savage MV, Bach T (1975). A systems model of training for athletic performance. Aust J Sports Med, 7(3), 57–61.

Busso T, Candau R, Lacour JR (1994). Fatigue and fitness modelled from the effects of training on performance. Eur J Appl Physiol, 69(1), 50–54.

Morton RH (1997). Modelling training and overtraining. J Sports Sci, 15(3), 335–340.